J_aime_la_vie_Je_fais_du_velo_Je_vais_au_cinemaCe documentaire très instructif de Francis Fourcou (2005) retrace la vie des cinémas itinérants et d’art et d’essai, face aux multiplexes et autres Kino-ciné (Bruxelles).

Le samedi 23 février, au lendemain de l'opération "Ecrans noirs", ce film était projeté dans une petite salle municipale d’une commune provençale.

Cette salle fait partie de la tournée d’une quinzaine de communes du cinéma itinérant "La Strada". Ce cinéma fait vivre quelques intervenants, mais vit surtout grâce à une poignée de bénévoles qui ont une certaine idée du cinéma, qui n’est pas exactement la même que celle des consommateurs de pop corn. L’avenir de "La strada" est incertain, et étroitement lié aux choix de création d’une salle fixe par la prochaine municipalité …

Etaient présents lors de cette séance exceptionnelle : Francis Fourcou, en personne, et Patrick Guivarch le directeur du cinéma Utopia Avignon, situé à quelques kilomètres, et qui le matin même intervenait dans la matinale de France Inter.

Voici quelques morceaux choisis de cette émission, en commençant par l’interview d’Emmanuel Ethis, sociologue du cinéma et de ses publics, et directeur de l’université d’Avignon :

Extrait de l’entretien avec Patrick Guivarch, directeur d’Utopia Avignon :

Le débat qui a suivi la projection du film fut l’occasion d’apprendre quelques informations assez méconnues du grand public. En vrac :

  • Seuls 4 pays au monde ont une fréquentation de leurs salles réalisée majoritairement par leur propre production cinématographique, et non par celle des USA : la Corée du sud, l'Inde, le Japon et la France.
  • La Corée a vu son industrie cinématographique prospérer ces dernières années grâce à un accord très particulier avec les majors américaines : pour un film américain diffusé sur son territoire, deux films coréens doivent être financés.
  • Des entreprises telles que Bouygues font de leur propre initiative des relevés aériens à proximités des grandes villes, pour ensuite démarcher ces municipalités et leur proposer l’installation d’un multiplexe à leur périphérie.
  • Le numérique permettra de conserver à l’identique la qualité dans le temps du film projeté, mais ce film ne sera pas d’aussi bonne qualité qu’avec une pellicule classique. En fait les exploitants n’ont quasiment aucun intérêt dans cette nouvelle technologie.
  • Certains cinéma itinérants (bus) avec projection vidéo numérique existent en Afrique, et pourraient permettre au cinéma africain moribond actuellement, de renaître.
  • Un multiplexe s’est installé il y a quelques années à Bordeaux, en zone franche et avec des aides européennes. A la même période un cinéma Utopia s’est installé dans un quartier laissé pour compte de cette même ville, sans aucune aide financière. Le quartier a reprit vit, la municipalité d'Alain Juppé a osé réclamer la modique somme de 200000 euros pour frais de stationnement …, heureusement sans suite.

Amalric_Censure

Le dimanche matin, l’émission se poursuivait, avec d’autres invités, et en particulier avec la lecture de l’intégralité du texte de Mathieu Amalric, qu’avait censuré Antoine De Caunes lors de sa lecture à la remise des césars :

Au fait, longue vie à la Strada !

C.H.